L'ashram de Swami Dayananda est un endroit bien agréable. Situé sur les bords du Gange, il offre une vue imprenable sur le fleuve sacré et les montagnes qui l'entourent. L'endroit est calme et ombragé. Il est agréable de venir s'asseoir au coucher du soleil sur l'un de bancs donnant sur le fleuve et observer les dévots venir faire leurs offrandes à Maha Ganga.

J'ai aussi découvert aujourd'hui que les bord du Gange étaient aussi un lieu de crémation, tout comme Bénares. En début d'après midi, je me suis rendu à l'ashram Sivananda situé plus en amont pour y retrouver une connaissance qui vient d'arriver de l'ile Maurice. En chemin, alors que nous longions les quais, nous avons été intrigués par un attroupement de chiens au bord de l'eau. C'est en nous approchant que nous avons découvert que l'un d'eux tirait hors de l'eau un tronc humain à moitié calciné. Et en regardant un peu plus loin, nous avons vu qu'une crémation était en cours et qu'une autre était en préparation. Il aurait été intéressant de s'asseoir à distance et d'observer le rituel, mais l'idée ne m'est pas venue tout de suite et nous avons poursuivi notre chemin.

J'ai donc retrouvé Praveen à l'ashram Sivananda. Je l'avais rencontré lors d'un précédent voyage en Inde, à l'ashram de Swamiji à Thiruvannamalai. Nous avons depuis été en contact car c'est lui est chargé de faire une dernière relecture de mes traductions, en particuliler pour les fautes d'orthographe. Il est très fort pour ça. Il venait tout juste d'arriver. Aussi, nous ne l'avons pas dérangé très longtemps car il avait fait un long voyage et avait besoin de reposer ses soixante douze printemps. Nous avons cependant convenu de nous voir demain car il doit venir à l'ashram de Dayananda pour payer son taxi.

Sur le chemin du retour, les crémations touchaient à leur fin et les chiens et les corbeaux festoyaient. A une petite vingtaine de mètre en aval, nous avons pu voir un pélerin remplir sa petite bouteille d'eau du Gange et en boire un petit peu. Il ne semblait pas vraiment conscient de ce qui trempait à moitié dans l'eau un peu plus haut.

Ceci dit, en arrivant, ça ne nous a pas empêché d'aller prendre un petit bain bien rafraichissant au milieu des morceaux de charbon. C'est mon premier bain dans le Gange depuis mon arrivée. Ca me démangeait d'en prendre un. Maintenant ça me démange tout court.

Dans la foulée, j'ai suivi un cours de yoga Iyengar. Je n'avais jamais essayé auparavant. J'ai été très moyennement convaincu par l'utilisation de la brique et de la corde car si ça permet d'aller plus loin dans l'étirement ou de faciliter certaines postures, ça peut aussi être source de tensions inutiles ou en tous cas qui n'arriveraient pas sans ces accessoires. D'autre part, je reste convaincu que le seul accessoire vraiment nécessaire à la pratique du yoga est le corps. Pas plus.

Depuis hier après-midi, j'ai aussi une élève à qui je fais une introduction au Vedanta sous la forme d'une causerie libre.

Hier, le swami en charge du cours d'un an m'a finalement fait la lettre qui me permettra, je l'espère sans problème, d'obtenir mon visa de un an (renouvelable). Finalement, je rejoidrai l'ashram début décembre, juste avant le début du cours qui aura lieu le 6.