Je continue à rencontrer des gens intéressants et parfois importants. Comme hier, par exemple où j'ai discuté avec le député secrétaire de l'agriculture du gouvernement du Gujarat à la retraite et son ami médecin ayurvédique ou encore aujourd'hui ce professeur de management l'Université de Bengalore qui était impressionné par tous les lieux saints de l'hindouisme que j'ai pu visiter et ma connaissance du sujet. Il se sentait un peu comme le parisien qui n'est jamais allé à la tour Efeil et qui en entend parler par un japonais. Enfin bref. Je suis donc invité au Gujarat pour que je sache ce qu'est le sens de l'hospitalité des gens de cet Etat et si j'ai un problème ou quoi que ce soit, je peux m'adresser à lui. De même si je cherche un travail, pas de problème, mon ami a le bras long. Après tout pourquoi ne pas lui rendre visite si l'occasion de se présente?

Aujourd'hui, j'ai été très sollicité. D'abord, j'ai été interviewé par une journaliste originaire de Paris mais installée à Bankok sur mon parcours spirituel. J'ai ensuite suivi un cours de yoga donné par l'australienne qui fait sa formation de professeur. Elle tenait à avoir mon avis sur sa façon d'enseigner. Demain matin, c'est Tuuli qui enseigne et elle m'a aussi demandé de venir et de lui donner mon avis. Enfin, ce soir, au satsang du stage de vedanta en français, j'ai posé deux questions manifestement intéressantes. A savoir : Le Védanta est-il une religion? (la réponse est non) et Quel est le lien entre le Védanta et l'Hindouisme? C'est cette seconde question qui a fait le plus débat. En particulier chez les Réunionnais du groupe.

J'ai ainsi appris que c'est il y a un peu plus de cent ans que des Indiens, essentiellement originaires du Sud de l'Inde se sont retrouvés embarqués, souvent de force, à bord de bateaux à destination de la Réunion pour y servir de main d'oeuvre à la culture de la canne à sucre. L'esclavage avait été déjà aboli à l'époque, mais enfin, ça y ressemble beaucoup. Ils ont été convertis de force au christianisme et donc obligés à porter des prénoms catholiques. Ce n'est que depuis 1981 qu'ils ont le droit officiel de porter des prénoms indiens. Avant cette date, c'était possible mais c'était à la discrétion de l'officier d'Etat Civil. Tous ceux qui sont présents à ce stage ont fait des recherches sur leurs ancêtres mais sans grand succès : ils n'ont pu remonter, au mieux, qu'à un numéro de bateau sans pour autant en connaître la provenance. Au cours de la conversation, on pouvait sentir à quel point ce manque de connaissance de leur racine, de leur culture et de leur origine indienne leur pose problème aujourd'hui, voire que c'est une souffrance pour eux. En tous cas, la conversation a été très intéressante et parfois animée.

J'ai donné carton de choses que je laisse ici à un swami. Il ne me reste pas grand chose à ramener en France. Je finirai mes bagages demain et quitterai Rishikesh juste après le déjeuner. Mon train au départ de Haridwar est à 15h25. Je devrais être dans les temps. J'arrive à Delhi en principe à 21h50. Je retournerai à mon confortable hotel pour mes dernières 24 heures. Je reverrai peut être ma jeune élève qui est partie aujourd'hui pour Delhi et que nous déjeunerons ensemble. Mon vol est vendredi à 21h50 et j'arrive samedi matin à Paris à 7h25.