Mon vol jusqu'à Chennai s'est très bien passé. Je ne suis arrivé qu'avec 45 min de retard. C'est curieux ce petit moment d'angoisse qui me prend toujours au moment de récupérer mon baggage. C'est un peu le même qu'on a avant l'annonce des résultats d'examens, on ne sait jamais si on va être reçu. On voit ceux qui repartent avec leurs baggages, heureux et soulagés pendant que d'autres angoissent encore. Ca n'a pas duré bien longtemps pour moi car en 1h15, à partir du moment où on s'est posés, j'ai passé la douanne, récupéré mon baggage, pris un taxi et rejoint l'ashram.

Le climat est tropical : 31c° et humide, mais c'est agréable. Avec le décalage horaire, l'impression que j'ai est très étrange. C'est à la fois très réel et en même temps, avec la fatigue, c'est un peu comme dans un rêve. Ca peut même tourner au cauchemard. En arrivant à l'ashram, je me suis vu attribuer un cottage. Comme il était 5h30, je me suis dit que j'allais m'allonger un moment avant le petit dejeuner de 8h. Mais au bout d'une heure, j'ai sentit comme un grattement sur mon omoplate, ce qui m'a reveillé en sursaut. Je regarde et ne vois rien. Je me dit que c'est mon drap qui, offrant une prise au courant d'air du ventillateur de plafond, me chatouillait l'épaule. Je remets mon oreiller en place et m'apprête à me recoucher quand je vois sortir de dessous mon oreiller une espèce de bestiole préhistorique de film d'horreur d'une bonne dizaine de centimètres de long et se diriger vers le haut du lit. Je me suis demandé si j'hallucinait. On se sait jamais, avec la fatigue... Ben en fait, non, je n'ai pas halluciné. En soulevant le matelas, j'ai vu le monstre tranquillement installé. Autant dire qu'il a fait l'objet d'une photo pour identification et d'une mesure d'expulsion en bonne et du forme...




Une photo de la bestiole (prise sur le net)


Au moment du petit déjeuner, j'ai retrouvé avec joie ma prof de sanskrit. Nous avons discuté le temps du repas. Je suis ensuite retourné m'évanouir dans mon cottage, avec une petite appréhension quand même, mais le squatter n'était pas revenu. J'ai déjeuné avec Swamiji que j'étais très content de revoir. On a bien ri. Nous avons parlé du programme de ces prochains jours. Il va me faire un enseignement particulier et ciblé en fonction de ce que je lui ai dit au repas. Ca devrait être encore profitable.

En fin d'après-midi, le chauffeur de Mr P. est venu me chercher. Mr P. habite en bord de mer. Mr P. habite dans une luxueuse petite maison. Il a à sa disposition deux domestiques et un cuisinier. Il a aussi son chauffeur. A l'entrée de sa propriété, il y a un gardien pour le jour et un autre pour la nuit. Et je ne parle pas de l'armée de jardiniers qui s'occupent de l'entretient des espaces verts. La petite maison qu'il occupe est en fait la maison réservée aux invités. La maison principale, elle, est occupée par son fils et sa famille. Elle a été batie en 1929 par le père de Mr P, fondateur, entre autre, de l'Indian Overseas Bank et décédé accidentellement à l'age de 48 ans. Mr P. l'a fait agrandir dans les années 70 avant de la laisser à son fils, l'actuel occupant qui l'a aussi faite agrandir. J'ai eu l'occasion de la visiter, et il faut dire ce qui est : dans le style, c'est très joli.

Le soir j'ai diner avec Mr P avant d'aller m'écrouler de fatigue dans ma confortable chambre. J'ai dormi comme une bûche jusqu'à... 2h du matin. je me suis rendormi un peu plus tard.

Ce matin, j'ai accompagné Mr P, 80 ans, à son bureau. Il n'avait pas grand chose à faire aujourd'hui à part être là et lire le journal. J'ai de mon côté profité de la voiture et du chauffeur pour aller faire quelques empletes. Nous avons déjeuner avec sa belle fille et sa petite fille. Ce sont elles qui m'ont fait visiter leur grande maison. C'était bien sympa.

Par contre, j'ai un gros problème : impossible de retirer de l'argent avec ma carte Visa qui pourtant marchait très bien l'année dernière. Nul doute que comme toute chose, ce problème ne durera pas et trouvera sa solution dans le temps.