Sitalix

17 février 2010

Un dernier message

Pour conclure ce fantastique voyage de six mois en Inde, je poste aujourd'hui un grand album photo intitulé "Sur la route des temple" qui reprend les meilleures photos prise depuis le mois de janvier lorsque je visitais les temples du Karnataka jusqu'à la fin de mon séjour en Inde, dimanche dernier.

un grand merci à mes lecteurs et lectrices réguliers qui m'ont suivit depuis le début et ceux qui ont pris le voyage en cours. Vos messages et commentaires ont toujours été bien appréciés.

Pour ceux qui arrivent maintenant sur le blog, le voyage commence ici

Ceci est donc mon dernier post...jusqu'à la prochaine fois.

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16 février 2010

Faux gourou et retour

Le stage de la shivaratri a été fantastique et les explications de Swamiji  particulièrement claires. Vendredi dernier a été un jour très particulier puisque c'est ce jour qu'a lieu la shivaratri proprement dite. En fait c'est plutôt la nuit qui est importante puisque shivaratri signifie "nuit de Shiva", mais la journée qui précède est speciale. Swamiji s'est isolé pour 24h dans sa première maison pour procéder a ses tapas (jeune et meditation) nous étions encouragés mais sans obligation, à faire de même. J'ai pour ma part passé la journée dans ma chambre, a jeuner et méditer en silence. Nous avons malgré tout eu deux cours donnés par un autre enseignant. En fin d'après midi, je suis sorti voir le coucher de soleil et fait un girivalam. J'ai mis beaucoup plus de temps que d'habitude car en jeunant, le corps et le mental fonctionnent au ralenti mais ca a été une expérience intéressante. Je suis rentré vers 22h mais je ne suis pas allé au temple où des pujas étaient en cours, préférant me retirer dans ma chambre ou j'ai vaguement rompu le jeune en mangeant quelques goyaves. 

Le stage s'est terminé samedi midi et l'ashram a commencé a se vider dès l'après midi. J'en ai profité pour aller en ville faire quelques achats de dernière minute et rentrer a pied, ce qui m'a quand même fait un girivalam aux deux tiers.

Dimanche matin, nous sommes allés voir un "guru" qui donnait des satsangs. J'avais déjà entendu parlé de lui, plutôt en bien, par un italien résidant a l'ashram. Il s'agit d'un certain Mooji qui occupait pour l'occasion une guest house à la sortie de Tiruvannamalai. Bien qu'arrivés en avance, nous avons du faire la queue car le bonhomme est réputé parmi les occidentaux. J'ai retrouvé le type de personnes que l'on voit au café en face du Ramana ashram et dont j'ai déjà parlé, ces New Age people qui cultivent le petit sourire heureux et paisible, mais aussi des hippies et dans le lot, certainement de nombreux profs et pratiquants de yoga, débutants comme avancés. On les reconnait facilement car ils adoptent la position méditative du lotus. Par contre, quasiment pas d'indien. Il y avait tellement de monde que nous étions assis au rez de chaussée face a un grand écran qui diffusait des images du toit où se trouvait le "guru". Le satsang a commencé a dix heures par une jeune femme qui est venu le voir pour de terribles maux de tête suite a un accident de moto en Inde. Elle est repartie sans réponse précise autre qu'elle est la Conscience Absolue mais avec le sourire. Après lectures de quelques lettres de remerciement adressées a Mooji par des adeptes heureux de ce "sentiment de paix trouvé" auprès de lui, est venu un vieux monsieur, chercheur "paresseux mais constant" pour nous parler des ses 3 expériences mystiques qu'il a eu dans sa vie. Il est reparti avec la même réponse que la jeune femme précédente. Encore lecture de quelques lettres exaltées puis une autre jeune femme s'est présentée. Elle m'a vraiment fait de la peine. Elle est venue pour dire qu'elle était fatiguée de faire des retraites qui ne menaient a rien, fatiguée de cultiver un état d'être qui finalement ne la rendait pas heureuse et qu'elle était très confuse dans son esprit. J'ai été stupéfait de la réponse de Mooji. Il lui a dit, comme aux autres, qu'elle était la Conscience Absolue et qu'il ne fallait pas qu'elle s'inquiète, que ça allait passer, qu'il fallait qu'elle se laisse aller, qu'elle pète les plombs si elle en ressentait le besoin, ce n'était pas grave, qu'elle était sur le bon chemin, qu'il fallait qu'elle persévère. Elle est repartie encouragée par ces paroles mais pour combien de temps? J'étais scandalisé. Ce type n'a que les mots "Conscience Absolue" a la bouche. Il n'explique pas vraiment de quoi il s'agit, il essaie de faire dire a ceux qui viennent le voir qu'ils sont cette Conscience en analysant leurs propos suite à la question "Qui etes-vous?" Il dit qu'il faut cultiver ce sentiment d'être cette Concience et tout un autre tas de stupidités du même genre qui rendent les gens encore plus confus qu'ils ne sont. C'est vraiment n'importe quoi, mais du coup j'ai mieux compris les attitudes vue a droite a gauche et les conversations que l'on peut entendre dans les cafés et restaurants "branchés". 

J'ai eu en fin d'après midi un excellent exemple des ravages que peuvent faire ce genre de types qui s'improvisent gurus sans avoir jamais vraiment étudié quoique ce soit. J'ai d'ailleurs appris entre temps qu'il n'hésitait pas a se taper ses adeptes les plus jolies. Bref! En fin d'après midi donc, je me suis arrêté dans une petite échoppe pas très loin de l'ashram, où j'ai l'habitude de prendre du chai le soir. Alors que je venais d'être servi, je vois une fille bien dans le style de ce que j'avais vu le matin même chez Mooji, venir s'asseoir et commander un chai. Je pensais au départ qu'elle faisait un girivalam car elle était pieds nus et je lui pose la question. En fait non, elle habite dans une maison pas très loin. On discute un peu et je lui demande son nom. Elle me répond "No name, no country! - Elle ajoute qu'elle essaie d'oublier - Tout n'est qu'Un, Conscience Absolue!" Très intéressant comme réponse. Si tout n'est qu'Un, pourquoi boire un chai plutôt que l'eau croupie de l'étang d'à côté? Après tout, du point de vue de l'Absolu, il n'y a pas de différence entre les deux. Mais plutôt que de lui faire cette réponse, je lui demande si elle sait au moins depuis combien de temps elle est en Inde. 3 ans me dit elle. C'est a ce moment qu'arrive un gros 4x4 bien rempli comme il se doit. Comme souvent, les enfants du 4x4, des petites filles, nous regardent avec curiosité et viennent timidement nous saluer et nous demander notre nom. Je meprésente volontiers et engage la conversation avec elles et leurs parents tandis qu'a côté fuse la réponse "No name, no country" assaisonnée cette fois d'un "No photo, please". Je me prête pour ma part volontiers à ce petit rituel qu'affectionnent les Indiens, d'autant plus que c'était l'anniversaire d'une des petites. Ca a été un moment bien sympa dont a profité "No-no" pour s'eclipser. En repensant a elle, je me suis dit que c'était bien triste de voir des gens comme ça, complètement paumés, le cerveau lavé par de pseudo gourous. Enfin bon. Que faire? Plus grand chose de possible a ce niveau.

Le soir, Nadia et moi prenions un taxi pour l'aéroport de Chennai. Mémorable trajet pour Nadia qui a été contractée pendant tout le voyage a cause de la conduite du chauffeur qu'elle trouvait "inconsciente". A chaque fois que l'on croisait un camion ou que l'on dépassait a l'indienne, j'entendais un "Ho! Punaise", une main se contractant sur l'innocente poignée de la portière et l'autre sur le siège. Arriver a Chennai a été un réel soulagement pour elle. Nous avons pris l'avion pour Doha puis pour Paris. Nous sommes arrivés après 22 heures de voyage sous la grisaille et le froid intense de l'hiver. Ce n'est pas très agréable, mais bon, c'est ainsi.

J'ai dormi comme une masse la nuit dernière et j'ai encore du mal a réaliser que je suis rentré. Dans deux ou trois jours, je redescends chez moi. Avant ça, j'en profiterai pour poster quelques photos.

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07 février 2010

De retour "a la maison'

Voila déjà trois jours que je suis rentre "a la maison",l'ashram de Tiruvannamalai. C'est bien de retrouver tous ses repères et ses habitudes : j'ai déjà fait deux girivalams entre hier après midi et ce matin. Celui de ce matin a été particulièrement long, pas loin de six heures car j'ai guide deux soeurs natives du Sri Lanka mais habitant Londres, dont l'une a des problèmes de coeur. Nous avons fait le chemin intérieur et cela a pris beaucoup de temps car celle qui est cardiaque avait souvent besoin de se reposer mais elle a été ravie de ce tour et m'a béni car sans moi m'a t'elle dit, elle n'aurait jamais pu réaliser ce rêve qu'elle caressait depuis très longtemps. En particulier la visite des grottes de Ramana Maharshi.

Ce passage aux grottes a encore été une bonne occasion de voir tous ces gens a l'air épanoui. Hier déjà, en passant près de la terrasse du café proche de l'ashram de Ramana, bonde d'occidentaux, on se faisait la remarque qu'il semblait que c'était a celui qui avait l'air le plus épanoui et le plus heureux. C'est le genre de personne qui,lorsqu'elle rentre chez elle, se doit de raconter ses expériences "mystiques" du genre "Ho, j'ai ressenti de telles vibrations et une telle énergie dans la grotte ou méditait Ramana, c'était vraiment très puissant! On sentait vraiment bien le prana a cet endroit..." Ou bien "Lorsque j'ai pose ma tête sur la pierre ou s'asseyait Ramana, c'est comme s'il m'avait parle" et ainsi de suite. Mais tout cela ne rime a pas grand chose, ce ne sont que des expériences, tout comme lorsqu'on ressent le vent caresser le visage, pas de quoi en faire un fromage, mais bon. C'est bien rigolo. Nous avons aussi vu le sosie de Ramana, ce type qui trône sur le chemin et qui ne manque pas d'arrêter les touristes et leur faire la leçon sur les enseignements de Ramana. Il se permet même de poser la main sur la tête des enfants pour les bénir, en échange de quelques billets bien sur. Du grand n'importe quoi mais ça fait rêver et donne matière a bavardage lors du retour au pays.

Ce soir commence le stage pour la shivaratri, cet important festival annuelle ou sont ordonnes les brahmacharis, chaitanyas et swamis. swamiji va commenter un texte en rapport avec ça et des pujas auront lieu vendredi prochain toute la journée et toute la nuit. Ça promet d'être intéressant...

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04 février 2010

SDF

Après la sieste salutaire d'hier après midi, nous nous sommes rendu en bord de mer pour faire le rituel dont j'ai déjà parle. Ça commence donc par un bain de mer bien agréable avec une eau bien chaude mais habille quand même. Je n'avais mis que mon dothi tandis que Nadia était entièrement vêtue et ça valait mieux. Ensuite, nous nous sommes rendus au temple encore tout trempes accompagne d'un gars avec un petit seau. Dans le temple, il y a 22 puits qui correspondent au nombre de flèches que Rama possédait dans son carquois lorsqu'il était a Rameshwaram pour sauver sa femme, Seeta des griffes du méchant Ravana (Pour plus de détails, lire l'excellent "Le Ramayana conte selon la tradition orale"). Mais chacun de ces puits correspond aussi a un dieu particulier. Nous nous sommes donc déplacés a travers le temple, allant d'un puits a l'autre et recevant a chaque fois deux sceaux d'eau sur la tête, ce qui était bien agréable par cette canicule hivernale.

Ensuite, nous avons faire ce que je n'avais pas pu la première fois, a savoir de pénétrer dans le saint des saint et faire un darshan. Nous avons vus cette énorme statue de Nandi, le boeuf véhicule de shiva, le lingam de sable et sommes certainement passes a cote de la tombe de Patanjali puisque selon un guide local rencontre plus tard, c'est dans le temple qu'est enterre le grand sage. Nous nous sommes ensuite promenés dans le temple, prenant des photos a loisir et faisant un peu de shopping pour certains.

Nous avons passes une bonne nuit dans notre hôtel avec vue sur la mer, berces par le bruit des vagues, mais nous avons du le quitter ce matin vers 8h30 car le check out est de 24h. Nous voila donc comme des SDF, errants dans les rues en attendant ce soir 20h de prendre le train pour Chennai. Oui, nous avons décidés de prendre le train pour le retour car ça fera un nouveau baptême pour Nadia et Mickael après celui du bus et surtout c'est un peu moins long - seulement 12 heures - et certainement plus confortable. Ce sera pour moi aussi un baptême car je n'ai jamais pris de train climatise en Inde.

Nous devrions arriver demain matin a Chennai ou Mickael restera quelques jours tandis que Nadia et moi prendrons un bus pour rejoindre le CMBT, attendre l'amie de l'autre jour et prendre un bus pour Tiruvannamalai afin de rejoindre l'ashram. Seulement 5 ou 6 heures de bus. Nous devrions arriver demain en fin d'après midi sales et bien lessives...

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03 février 2010

Rameshwaram

Rameshwaram, petit village de pêcheurs situe dans le sud de l'Inde dans lequel je m'étais rendu lors de mon premier séjour. Nous sommes arrives ce matin après seulement 14 heures de bus de nuit. Autant dire que nous ne sommes pas frais du tout.

Les trois derniers jours ont été passes a Chennai ou j'y ai perdu une journée pour une histoire de livre que j'avais laisse a l'ashram d'Uthandi et qui devait être transféré a Tiruvannamalai et qui semble n'être jamais arrive a destination. je réglerai ça en fin de semaine en rentrant a l'ashram.

On a visite Marina Beach, la seconde plus grande promenade en bord de mer du monde selon un vieux monsieur rencontre alors que nous attendions une amie indienne dont j'avais fait la connaissance a l'ashram en décembre. Lorsque je lui ai dit que c'était mon anniversaire, il a eu la gentillesse de m'offrir la brioche fourrée a la confiture qu'il s'était acheté quelques instants plus tôt, ce qui m'a fait comme un petit gâteau d'anniversaire. C'était cool. Comme nous n'avons pas vus l'amie a cause d'une mésentente sur l'endroit de la rencontre, nous sommes allés mettre les pieds dans le Golfe du Bengale. L'eau est bonne mais se baigner est inenvisageable a cause des forts courants et de la saleté de l'eau. Par contre, ici, a Rameshwaram, c'est tout a fait possible et il n'est pas exclu que nous fassions un petit plouf! En fait il aura forcement lieu car je compte bien faire le rituel des seaux d'eaux sur la tête au temple et qui commence dans la mer. On devrait faire ça cette après midi après le déjeuner et une sieste réparatrice.

On m'a aussi dit que Rameshwaram était l'endroit ou Patanjali, le célèbre rédacteur des yoga sutras, serait enterre. Je vais tacher d'éclaircir ce point et de visiter l'endroit si possible

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31 janvier 2010

Chennai again

Apres quelques jours passes a l'ashram de Sai Baba, je suis de retour a chennai apres une longue nuit de bus. j'y ai retrouve une de mes lectrice et un de ses amis arrives dans la nuit de Paris. nous allons faire un peu de route ensemble. dans deux jours nous devrions partir pour Rameshwaram, petite ville au temple superbe dans laquelle je m'etais rendu lors de mon premier sejour et dont je garde un excellent souvenir. Ensuite, je reviendrai sur chennai pour retourner a l'ashram de Tiruvannamalai pour la shivaratri et la fin de mon sejour en Inde.

Et comme c'est mon anniversaire aujourd'hui, ce sera double dose de chocolat!

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28 janvier 2010

La femme Sai Babesque

Je suis toujours chez Saï Baba et tout se passe bien. Je m'adapte finalement assez bien a la vie en dortoir car les règles de vie commune sont plutôt bien suivies, a savoir le silence et l'extinction des feux a 21h. Il y a bien quelques bavards impénitents mais peut-on leur en vouloir d'avoir un mental trop agite? J'ai pu récupérer hier soir une moustiquaire en bon état et qui m'a offert une bonne protection pour la nuit.

L'endroit est peuple non pas de Russes comme je le pensais en arrivant mais en majorité d'ukrainien et autres pays de l'est. Il y a pas mal d'anciens militaires reconnaissables a leur physique et surtout a leurs tatouages. D'ailleurs, on me prend souvent pour un Russe ou un Polonais, j'en ai la tête paraît il.

Hier après midi, je me suis rendu au grand et luxueux hall ou ont lieu les darshans, les rencontres avec Saï Baba. Sur les conseils d'un dévot, je m'y suis rendu assez tôt pour avoir une bonne place. Le hall, très vaste, peu contenir plusieurs centaines de personnes. Comme je l'avais déjà remarque, les hommes et les femmes sont bien séparés. Je me suis retrouve assis par terre avec un groupe de dévots Nepalais reconnaissables a leur calot caractéristique. L'endroit est clinquant avec des grands lustres en cristal ou qui y ressemblent, l'ensemble de la décoration est de couleur bleu pastel et or, un peu kitch quand même et donne l'impression d'un palais richement orne. L'attente a été longue et a commence par des chants védique. Pendant une heure, des étudiants chantent des mantras, parfois longs et sans interruption. J'avoue que si je trouve ça sympa a entendre, vingt minutes me suffisent largement. Ensuite, s'enchaînent les bhajans pendant une heure également. La, c'est beaucoup moins aride comme programme et ça contribue a enthousiasmer les spectateurs.

Et puis après une bonne heure, des mouvements de foule se produisent : Sa Divinité apparaît. Pousse par de proches fidèles, Saï Baba se déplace en fauteuil roulant. Il a l'air hagard et a de la bave qui lui coule des lèvres, immédiatement essuyé par un fidèle ou par lui même. Tout le monde dans le public cherche son attention et sa bénédiction. Il fait un petit tour devant la foule avant de venir se poster sur le devant de la scène et d'attendre que ça se passe. Il n'a pas dit un mot, s'essuyant la bouche régulièrement alors que pendant ce temps, les bhajans continuent. Des qu'il tourne la tête d'un cote, ceux vers qui il se tourne se mettent a genoux et brandissent leurs mains jointes vers le ciel en psalmodiant des "Saï Ram" en veux tu en voila. Au bout d'une heure, on fait un puja autour de lui comme on le ferait d'une statue. Évidement, on ne lui verse pas de ghee, du miel ou du lait de coco sur la tête mais on lui passe une flamme devant lui, dans le sens des aiguilles d'une montre, puis on présente la flamme au publique qui fait mine de passer les mains dessus puis de se les passer sur les yeux, le visage ou le coeur. C'est la que j'ai réalisé qu'il était considéré comme un avatar, une incarnation vivante de Dieu lui même. Impressionnant! Quand tout cela est termine, il repart comme il est venu, pousse dans son fauteuil roulant, et les dévots rentrent chez eux.

Ce matin, je me suis rendu tout comme hier, a la bibliothèque ou je peux consulter a loisir les publications de Dieu en français. Une bonne occasion de se faire une idée plus précise de ses recommandations. Ce n'est pas triste. Déjà, en dehors de Saï Baba, point de salut possible. La pensée positive est de mise et la morale tient une grande place dans sa philosophie basée sur l'amour d'autrui et l'amour du divin. C'est de la Bhakti, comme chez Hare Krsna. La femme a un rôle particulier dans tout cela, aussi bien a la maison que dans la société. Elle doit être humble, serviable envers son mari qu'elle vénère comme un Dieu, sa tenue vestimentaire est sobre et non provocatrice : le code est très stricte a ce sujet. Jupes longues non fendues, arrivant a la cheville, les bras doivent être couverts et la poitrine masquée par un voile ou un châle porte sur les épaules. Elle ne s'adresse a son mari qu'avec des mots doux et une voix calme afin de le mener dans le droit chemin, celui de Dieu. La femme Saï Babesque ne travaille pas mais reste a la maison s'occuper du foyer, de l'éducation des enfants et ne cherche pas a avoir un emploi ou des choses matérielles inutiles. Elle est humble et se doit d'être un modèle de moralité. En un mot, on est aux antipodes de la femme occidentale.

Je n'ai pas encore trouve pour le moment, de dévot a qui poser quelques questions sur le système philosophique.

Posté par Atman à 10:25 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]

26 janvier 2010

Sai Ram!

J'ai passe deux jours a Bengalore, histoire de me remettre de mes émotions de Hampi. J'ai pris le bus ce matin pour Puttaparthi, le Royaume de Sai Baba. Voyage sans encombres. Je me suis directement rendu a l'ashram pour y trouver une chambre. L'entrée dans l'ashram ne se fait pas comme dans un moulin. Portique détecteur de métaux et fouille en règle du sac. Après m'avoir mis le bordel dans mon sac, les gens de la sécurité m'ont dirige vers la réception pour les "dévots étrangers" ou je demande une chambre. Comme je suis seul, je n'ai pas droit a une chambre individuelle mais au dortoir. Fantastique! Il m'a fallu demander a plusieurs personnes pour trouver le dortoir car l'ashram est immense, mais heureusement, il y a de serviables dévots a chaque coin de rue toujours prêts a rendre service. J'ai donc finalement trouve le dortoir et pris possession d'un lit. L'endroit est quasiment plein avec énormément de Russes mais aussi quelques Européens et des moustiques volant en formation serrée.

Je viens juste de dîner dans l'un des trois restau de l'ashram. Ici, pas de blague. Les femmes et les hommes sont bien séparés, chacun mangeant dans une salle séparée. Les comptoirs ou l'on est servis sont eux aussi bien séparés et si chez les Hare Krsna on se dit "bonjour", "au revoir", "merci" etc. avec des "Hare Krsna", chez Sai Baba, la formule est "Sai Ram". Si chez les Hippies la tenue vestimentaire se doit d'être sale et bigarrée avec une touche de 70's, ici, le blanc est de rigueur et la encore, je peux m'adapter facilement.

Par contre, j'avoue que je redoute un peu la nuit en dortoir entre les moustiques et les types qui ronflent, la promiscuité et tout ça, je n'en ai pas vraiment l'habitude. Mais bon, on verra bien comment ça se passe...

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24 janvier 2010

Chez les Hippies de Hampi (suite)

Me voilà de retour a Bengalore pour la journee. J'ai quitté Hampi hier en milieu d'après midi pour me rendre a Hospet, diner et attendre le train de nuit pour Bengalore. Le voyage s'est tres bien deroulé et ce matin à 6 heures, j'étais arrivé a bon port. Martine qui m'avait hébergé la premiere fois est venue me chercher en taxi. J'ai pu finir ma nuit et surtout prendre une bonne douche car hippie style oblige, je ne me suis pas lavé de trois jours!

Je suis content d'avoir quitté Hampi. L'endroit ou j'ai logé était sans aucun doute l'un des moins cher de la place et aussi l'un des moins recommendable. Avec mon cerveau ramoli de l'autre jour, quand j'ai bloqué ma carte, je me suis rendu a la banque pour changer des travelers. Au même moment, un Tcheque faisait de même et nous avons bavardé un moment car il m'a dit habiter à Hampi et connaitre un bon endroit où aller pour pas très cher et il m'a proposé de m'accompagner, ce que j'ai accepté. En chemin, il a commencé à me parler de drogue et à me raconter ses mésaventures avec les dealers locaux en me disant que finalement, il préférait loger chez le gros dealer du village, parce que la qualité était au rendez vous et puis aussi qu'il pouvait avoir de l'opium. je n'ai pas vraiment réagis, ne me sentant pas vraiment concerné par ses histoires de came et de toutes façons, nous arrivions sur les lieux. C'est a la sortie du village, dans les dernières Guest Houses que j'ai pris une chambre plus que sommaire et qui n'était pas sans me rappeler la "chambre de la mort" dans les Himalayas. Les deux dernières Guest House du village sont tenues par la même famille, réparties entre frères. Il s'agit de la GH "Sai Baba" et l'autre, de l'autre côté de la rue, la "Om Chanti Silence". C'est là où j'ai logé. J'y ai rencontré un Mexicain de mon age environ qui cherche je ne sais quoi, lui même ne sait pas très bien non plus, mais avec qui le contact est bien passé car nous étions probablement les deux non fumeurs et non buveurs des alentours.

Le premier soir, nous avons eu l'opportunité d'aller diner dans une autre Guest House ou deux jeunes hippies de Belgique se trouvaient. C'était une bonne occasion de savoir ce qu'il y avait dans leur tête. Nous avons donc fait la connaissance de "Positive thiking" et de "Full Power". Je les appelle comme ça car pour le dernier, il n'avait que ce mot à la bouche. Il passe ses journées a ne rien faire. J'ai donc pas mal discuté avec le premier, jouant au gars un peu paumé en quête de spiritualité et l'ai interrogé pour savoir s'il connaissait la méditation, où je pouvais en faire etc. et il a commencé a me tenir un long discours sur la pensée positive, sur les sensations qu'il pouvait avoir parfois en pensant positif (il me montre son bras en train de frissonner) et me parle du bien être qu'il ressent après avoir fait des exercices respiratoires en me disant que ce qu'il apprécie surtout, c'est "le shoot que ça procure". Après, il me parle de la fin du monde qui aura lieu en 2012, le 20 décembre plus particulièrement, car c'est la date de la fin du calendrier Maya et qu'aussi, de nombreux scientifiques pensent que la Terre va changer de polarité et se retourner sur elle même et que cela engendrera de nombreuses catastrophes dont il est certain de ne pas réchapper. (positive thinking, hein?) En attendant 2012, donc, il décide d'en profiter au maximum jusqu'à cette fatale échéance, à savoir en fumer un maximum et ne rien faire de plus sinon prendre du bon temps ici où ailleurs. Après, si rien ne se passe, il verra bien mais espère bien continuer de toutes façons. Il m'a plus tard raconté aussi comment les venduers, dans les magasins l'hypnotisent et lui font acheter des trucs qu'il ne voulait pas tout ça parce que son "inconscient conscient" n'était pas présent à ce moment là. Il m'a tenu un long discours sur le "Conscient conscient" et le "subconscient conscient" auquel je n'ai rien compris mais il avait l'air d'être convaincu de ce qu'il disait. Il m'a aussi expliqué en detail les respirations qu'il faisait, un mélange de pratique yogique et d'hyperventilation avec rétention de souffle, "c'est ça qui donne le high, tu peux t'évanouir a ce moment là et c'est ça qui est bon" "Oh! Vraiment? Ca a l'air fantastique, il faudra absolument que j'essaie!" Evidement, il ne faut surtout pas faire ça mais je n'ai rien dit car pour lui, je n'y connais rien en respiration. J'ai encore eu l'occasion de bavarder avec d'autres hippies plus tard, mais ça n'était pas aussi savoureux qu'avec "Positive Thinking" car déjà bien bien enfumés. En tous cas, voilà quelqu'un qui pense positif mais qui pense aussi qu'il va mourrir avec la fin du calendrier maya. On trouve sur place de nombreux jeunes dont l'unique but est de s'enfumer la tête du matin au soir et du soir au matin. Ils sont dans un cadre vraiment superbe mais n'en profitent finalement pas tant que ça. J'en ai vu plein qui venaient se poser au sommet d'une montagne pour assister au coucher du soleil et qui en fait ne regardent pas ce qui se passe mais qui discutent, boivent ou fument. Je trouve ça un peu dommage, mais c'est ainsi et chacun fait bien ce qu'il lui plait. Ceci dit, tout n'est pas tout noir et il ya des jeunes qui semblent très bien, de bonne famille et qui viennent en Inde comme on irait à la plage ou au ski. Mini jupe, bikinis et décolletés - les filles ne se rendent pas compte de l'effet que cela produit sur les indiens - et shorts, tatouages et piercings apparents. On loue des vélos ou des motos et on taille la route façon Easy Rider, les cheveux aux vent. On va à la retenue d'eau voisine pour s'y baigner et boire quelques bières, on se rentre à la nuit tombée, soirée a s'amuser avec les amis, on fiume quelques bédots et on se couche content de sa journée...

Le second soir, Mexico et moi sommes aller diner chez Sai Baba par curiosité. Il y avait là un jeune autrichien d'une trentaine d'année qui logeait depuis quelques jours déjà et qui prennait tous ses repas au "restaurant". C'est l'un des endroit les plus malsain que j'ai jamais vu. La "boutique" est tenue par le père de famille qui est aussi le revendeur de drogue en gros et au detail, et c'est aussi lui qui fournit tout le village en alcool. Lorsque nous étions, nous étions que trois occidentaux : l'Autrichien, le Mexicain et moi. Tous les autres étaient des locaux complètement ravagés par l'alcool. Le Mexicain a reconnu parmi eux certains patrons de Guest House qui l'avaient refusé car pas de chambre et selon l'autrichien, tout le monde vient ici se bourrer la gueule. Nous avons entendus des histoires hallucinantes et glauque comme celle de ce gars d'une soixantaine d'année mais qui en parassait dix de plus, tout maigre et qui disait qu'il ne mangeait jamais rien, il ne faisait que boire. L'alcool était sa nouriture. Il n'allait jamais aux toilettes et se faisait dessus que lorsqu'il s'endormait. Les autres personnes présentes n'étaient pas mieux, tous complètement abrutis d'alcool avec parfois l'oeil qui se révulse comme avant de tomber dans les pommes. Derière tout ce charmant petit monde, il y a une sorte de saddhu, toujours ivre et qui l'air de rien manoeuvre tout ce petit monde. Lui non plus ne mange jamais et ne se nourrit que d'alcool. J'ai pu remarquer la forte emprise qu'il avait sur l'Autrichien et sur le Tcheque que j'avais rencontré le premier jour. Il a réussi a leur faire acheter tout un stock d'herbe qu'ils n'auront de toutes façons jamais le temps de fumer avant leur départ, il les pousse à la consommation d'une façon subtille mais très efficace. L'exemple que j'ai en tête, c'est lorsque l'Autrichien a commandé une petite flasque de rhum au patron, le saddhu a d'abord marmoné dans sa barbe avant de suggérer "tu devrais prendre du Coca" et l'autrichien de commander du Coca dans la foulée sans être vraiment conscient - il avait déjà bien fumé. Un peu plus tard il se demandera pourquoi il a commandé du Coca. Le saddhu savait mieux que lui ce qu'il allait faire le lendemain, a savoir aller chercher de l'argent. Le saddhu disait l'endroit où l'autre devait se rendre et l'autre répétait le nom de l'endroit. Il a demandé s'il pouvait s'arreter au retour au Monkey Temple, pour visiter et a essuyé un refus tout net du saddhu. J'avais déjà remarqué ce type de comportement avec le premier gars rencontré, le Tchèque. En arrivant, il était allé se vanter auprès du saddhu de lui avoir ramené quelqu'un, moi en l'occurence et lui avait demandé un discount pour je ne sais pas quoi. Mais j'étais un mauvais client pour lui car je ne lui ai pas pris de drogue malgré ses propositions répétées et encore moins de l'alcool. Aussi lorsque a la fin du repas néanmoins excellent, l'Autrichien a commandé sa première flasque de rhum, j'ai préféré quitter l'endroit plutôt que de picoler avec eux et de risquer de me retrouver sous la coupe de ce mauvais saddhu. Car nul doute qu'il a des pouvoirs, des siddhas comme on dit, et qu'il s'en sert a fort mauvais escient. Mexico m'a suivit. L'autrichien, lui, était de toutes façons déjà perdu. Une fois dehors, l'air était tout de suite plus respirable et plus léger. Le présence de ce saddhu était franchement désagréable mais le regarder faire fort instructif.

J'étais donc content hier après midi, de quitter cet endroit. Pendant ces deux jours, j'ai pu visiter le temple de Hampi ainsi que quelques ruines aux alentours mais je me suis rendu compte en partant qu'il y a encore beaucoup de choses a voir. J'y reviendrai peut être mais dans un autre cadre, car chez les hippies, c'est finalement plutôt triste. J'ai aussi fait mes adieux a Mexico qui vraiment est quelqu'un de très sympa et qui n'a rien a faire dans un endroit comme celui ci, en lui souhaitant bonne chance pour ses cinq prochains mois en Inde. La prochaine étape, ce sera pour demain. Je me rends a Puttaparti, rendre visite a un autre Sai Baba, plus connu mais aussi très contreversé dans son genre...

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23 janvier 2010

Chez les hippies de Hampi

Je suis a Hampi depuis avant-hier. Au lieu pour les hippies, ces jeunes qui viennent s'eclater dans un cadre magnifique. Malheureusement, le tableau n'est pas idilique, loin s'en faut. Je raconterai plus tard, mais ce qui se passe ici n'est pas clair du tout.

Content de partir cette apres midi de ce lieu charge d'histoire et de son ambiance pas toujours saine.

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